Jour 10 – Red Angel of Heinlex

Red Angel of Heinlex

 

Glissements fantomatiques :

Le mur du fond de l’hôpital d’Heinlex est percé de plusieurs trous carrés. Ayant repéré ce détail, l’idée m’est venue un beau jour de faire passer un bras tenant un candélabre allumé par l’un de ces trous. Ensuite il m’a fallu du temps pour convaincre quelques complices de réaliser ce clin d’œil à Jean Cocteau et à son film « La belle et la bête ».

Le jour du tournage enfin arrivé, la nature nous a fait un double cadeau : les feuilles de vigne vierge sont devenues rouges, éclairées qui plus est par un soleil d’automne doré et caressant.

Le chaperon rouge était déjà de la partie, sans l’avoir calculé les deux couleurs se sont bien accordées ; cinq personnes d’âge et de parcours bien différents se retrouvent là ce 5 octobre 2016 : Carole, Marie, Pierre, Luc et moi ; la magie commence là.

Le fantôme du seigneur de Ranrouët habillé en moine inspiré traverse le mur et, ce faisant, croise le chaperon rouge qui, ayant grandi, s’est métamorphosée en « Red Angel ». Elle passait par là en rasant les murs. Un échange bref de regards et elle franchi à son tour une porte bleue de la même manière.

Epiphanie au sens propre et figuré, espace mental, escapade flutée, pleine et fragile présence de ces « visages-images » qui apparaissent et disparaissent le long de ce vieux mur de pierres partiellement recouvert d’une couronne de vigne vierge rouge.

« La couronne rouge
du mot de pourpre que nous chantions
au-dessus, au-dessus de l’épine. »  (1)

La traversée du mur comme métaphore d’une traversée de la figuration, ce mur devenu acteur bien involontaire date vraisemblablement de l’époque où Heinlex était un parc entourant un manoir, jouer ici est une façon de vibrer avec un patrimoine en grande partie disparu.

  1. Paul Celan : « La rose de personne », traduction Martine Broda.

 

 

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